''Je détestais carrément mon père''

Publié le par Fils d'Abraham en Jésus mon sauveur

 ''Je détestais carrément mon père'' publiée Hier, Le Lundi 21 Octobre 2013   

 

Mary Pierce

 

Mary Pierce : Ferveur religieuse et tennis, la nouvelle vie de l'ex-championne

Son dernier match remonte au 26 octobre 2006. Depuis, Mary Pierce se fait discrète. À peine une apparition ou deux lors des tournois du Grand Chelem, comme cette année à Roland-Garros. Le reste du temps, la Franco-Américaine est du côté de l'île Maurice, dans l'immense propriété de la famille Hardy, fondatrice de la Church Team Ministries International, des protestants évangéliques très présents en Afrique. Une nouvelle vie dédiée à Dieu...

 

Débuts inattendus

 

L'Équipe Magazine est parti dans l'océan Indien pour en savoir un peu plus sur la nouvelle vie de l'ancienne numéro 3 mondiale, vainqueur de Roland-Garros et de l'Open d'Australie. Épanouie, heureuse et bien dans sa peau, Mary Pierce se confie et n'élude aucun sujet. Pas même celui de son père, avec qui les relations n'ont pas toujours été au beau fixe. Pour comprendre cette relation d'amour teintée de haine, il faut remonter aux grands débuts de Mary Pierce, du côté de Saint Petersburg en Floride. Une amie qui lui propose de l'accompagner à son cours, quelques échanges, et un professeur impressionné qui convoque ses parents. La machine est lancée. "J'avais 10 ans, je nous revois, mes parents et moi, courant les boutiques pour m'équiper. J'ai continué à jouer mais sans réelle passion ni ambition", confie-t-elle. Les victoires s'enchaînent et la fin de l'enfance avec...

 

"Papa a ressorti sa Cadillac et toute la famille m'accompagnait sur le circuit des tournois juniors de Floride : Jacksonville, Miami, Fort Lauderdale. (...) À 12 ans, classée deuxième mondiale de ma catégorie, première aux États-Unis, je me suis retrouvée chez Harry Hopman entraînée par un professeur privé, à jouer contre des garçons de 18 ans. J'étais excessivement timide, renfermée, je ne parlais à personne", poursuit-elle.

 

Une enfance perdue

 

Et le début du calvaire ne fait que commencer pour cette jeune fille au talent certain dont le père décide de prendre la carrière en main. "La première chose qu'il a faite a été de me retirer de l'école, alors que j'adorais ça, il m'a fait jouer huit heures par jour, explique Mary Pierce. Six mois plus tard, il a décidé que je perdais mon temps chez les juniors, qu'il valait mieux faire des tournois pros." Avec les victoires, les premiers dollars s'accumulent et attisent la détermination du père : "Il a vendu sa bijouterie, la maison. Pendant six mois, toute la famille a habité un hôtel à Tampa. On était seuls, pas de club, pas de partenaires, pas d'amis. Mon frère n'allait plus à l'école non plus. On jouait sur des courts publics défoncés."

 

La famille finit par s'installer en France sur invitation de la Fédération française de tennis, avant d'échouer au Club Vitis à Puteaux. Une enfance volée ? "Cela a toujours été difficile. Ça s'est aggravé avec la découverte par mon père du tennis et de mes possibilités. Je ne dis pas que je n'ai pas eu des moments de joie. Ce n'était pas horrible tous les jours", nuance la jeune femme, qui passe la plupart du temps sur les routes, tout en reconnaissant que ce mode de vie lui a probablement permis d'arriver au sommet du tennis mondial.

 

Menaces et gardes du corps

 

Pourtant, Mary Pierce a tenté de s'affranchir de la présence d'un père omniprésent, parfois tyrannique et adepte des scandales (La WTA l'a notamment suspendu cinq ans pour s'être battu avec un spectateur). La peur agit comme une chaîne sur la famille. Ce n'est qu'à ses 18 ans qu'elle se décide à partir : "Je détestais carrément mon père. Je ne voulais plus le voir pour le reste de ma vie. (...) Mon père était très dur, et il m'a fait travailler très durement, mais, en même temps, il m'a beaucoup aidée dans mon tennis, et ça, je ne peux pas le nier." Loin de son père, Mary Pierce n'en est pas débarrassée pour autant, puisqu'il va aller jusqu'à la menacer : "Il a essayé et c'est la raison pour laquelle j'ai eu un garde du corps pendant deux ans."

 

Grand Chelem, solitude et religion

 

À 18 ans donc, Mary Pierce coupe tout et s'installe chez des amis. "J'ai fais les courses, la cuisine, rangé l'appartement, je suis allée à la piscine. Que des choses banales, que je n'avais jamais pu faire avant." Mais le tennis reprend vite le dessus, et pour les sponsors, les fans et l'argent, la star reprend ses raquettes, direction l'académie de Nick Bollettieri, éleveur de champions. Un an plus tard, à 19 ans et demi, Mary Pierce est en finale de Roland-Garros. Quelques mois encore et elle décroche à 20 ans à peine son premier Grand Chelem, en Australie. "Je vivais ma vie et j'étais 'en contrôle'. Je faisais ce que je voulais. Personne ne me disait à à quelle heure me coucher, ni ce que je devais manger ou pas. Pourtant, je ressentais de la tristesse, de la solitude. Cela n'a pas été une période d'insouciance, mais de recherche spirituelle", ajoute Mary Pierce. Pour combler cette solitude, elle se plonge dans les religions : "En fait, je cherchais la vérité, quelque chose qui m'apporterait la paix intérieure. Qui puisse guérir toutes mes blessures du passé. Cette quête a duré cinq ans et, au printemps 2000, j'ai rencontré The Lord."

 

C'est à Rome, en 1997, après avoir glané les Internationaux d'Italie que Mary Pierce va rencontrer son sauveur grâce à une joueuse de tennis américaine, Linda Harvey-Wild. "De retour à l'hôtel, je me suis sentie envahie par un sentiment de solitude terrible, confie-t-elle. Ma chambre était aussi vide que mon coeur. J'ai posé mon sac et je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps. J'étais si triste." Mais sa rencontre avec Linda va bouleverser sa vie : "Nous avons commencé à échanger sur la Bible. Ça a parlé tellement fort à mon coeur que j'ai su tout de suite ce qui me manquait dans ma vie : une relation personnelle avec Jésus. Plus tard, à Indian Wells, je perds un match et, le lendemain matin, dans ma chambre d'hôtel, je me suis repentie de ma vie passée. J'ai demandé pardon au Seigneur. Et j'ai demandé à Jésus de venir habiter dans mon coeur. Le vide était comblé."

 

Un coeur libre

 

Et avec le Seigneur, Jésus et la religion, vient le pardon : "Cela m'a coûté, mais j'ai pu relâcher tout ce que j'avais gardé contre mon père, car c'est ainsi que le Seigneur a pu continuer à guérir mon coeur. (...) C'est le plus grand miracle que j'ai pu vivre dans ma vie : avoir un coeur libre, qui n'a rien contre personne." Mary Pierce va jusqu'à rompre avec son fiancé d'alors, Roberto Alomar, star du base-ball. "Je croyais que c'était l'homme de ma vie, et je voulais à tout prix que ça marche, explique la jeune femme de 38 ans. Pourtant, ce n'était vraiment pas une bonne relation pour moi. Dans le fond, je le savais mais je n'arrivais pas à en sortir. Finalement, après avoir rencontré le Seigneur, ça s'est arrêté là."

 

Quelques semaines après cette rencontre mystique, Mary Pierce gagne Roland-Garros. S'ensuit une belle carrière, jusqu'à ce 26 octobre 2006 où son genou craque lors qu'un match à Stuttgart. Depuis, la championne n'a jamais rejoué en compétition officielle mais n'a toujours pas pris sa retraite, malgré des douleurs omniprésentes. "Aujourd'hui, je souffre d'un truc bizarre, poursuit-elle. Ça s'appelle, une 'algodystrophie', un syndrome rare qui peut arriver à la suite d'un grand traumatisme. Je peux espérer retrouver un jour l'usage de mon genou à 100%, à 50% ou pas du tout. Si un jour, je n'ai plus mal au genou, je verrai si j'ai le courage de revenir."

 

Mary Pierce, "Les blessures du passé ont disparu... Aujourd'hui, j'aime mon père", un entretien à retrouver dans L'Équipe Magazine du 19 octobre

 

Publié dans Témoignages

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