Le pardon se mérite t'il ?

Publié le par Fils d'Abraham en Jésus mon sauveur

                                             

Nous sommes tentés de le penser quand nous entendons sortir de la bouche d'un chrétien ce genre de réflexion : je te pardonne, bien que toi tu ne m’as pas  demandé pardon…Après « son pardon » ce chrétien continue déverser sa colère et ses griefs contre son « adversaire ». Nous allons paraphraser le pardon de Jésus envers ses bourreaux « Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. » « mais souviens-toi qu'ils ne m'ont pas pardonnés et que c’est eux  qui auraient dû me demander pardon. Car c’est moi qui souffre de leurs coups ».

 Que ce serait-il passé si Jésus avait pardonné en attendant un retour ? Nous serions toujours dans nos péchés, aujourd'hui son sacrifice serait inutile. Nous sommes tentés de le croire quand un chrétien, converti depuis plusieurs années, tient ces propos.

 

Qu'est-ce que le pardon ?

 

Couvrir le péché, apaiser, écarte la colère, purger une dette, être pardonné signifie être expié, pardonner signifie libérer, purifier, justifier, réconcilier, effacer l'ardoise ou la dette et payée.

 

À quoi ressemble le chrétien qui tient ces propos ?

 

Voilà à quoi ressemble le chrétien qui tient ces propos. Il cherche à paraître devant les hommes avec une façade blanchie. Il n’a pas soumis sa volonté à Jésus, comme Jésus a soumis sa volonté au Père à Getshémané : Père non pas ma volonté mais la tienne.

Ce (ou cette) chrétien ressemble à cette femme hospitalisée pour un cancer des poumons. Son état est grave, elle demande la visite de son pasteur afin qu’il prie avec elle. Le pasteur la conduit dans une prière de repentance pour ses péchés.

La malade s'arrête immédiatement arrêtée. "Je ne peux pas dire que je
regrette ce que j'ai fait de mal, rétorque t-elle à son pasteur, voyez-vous, je n'ai jamais fait de mal à personne et j'essaie d'être gentille avec tout le
monde. S'il m'arrive d'avoir de mauvaises pensées pour quelqu'un je
les rejette tout de suite. Mais j'aimerais que vous priiez pour mon mari
parce qu'il a mauvais caractère et il me traite comme sa domestique,"

A la sortie du pasteur, les infirmières du service lui disent qu'elles avaient rarement eu une malade avec un comportement aussi difficile.

 

 Comme tous les « sans péché » de la  bouche sortent ces paroles : moi je suis une bonne personne, je ne  fais de mal à personne, je ne vole pas etc. et ils en concluent qu’ils sont sans péché. Je ne suis pas comme un telle ou une telle. Là nous retrouvons le même comportement que les pharisiens.

 

Ce genre de chrétien, devant le pardon tiendra ce langage : si je t’ai blessé je te demande pardon. Dans une véritable démarche de pardon il n’y pas de « si » Le si est de source diabolique : si tu es le Fils de Dieu… ce sont les propos que Satan a tenu avec Jésus.

Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

                                                                                                               Matthieu 6 : 14 et 15

 Notre Père céleste n’a pas attendu que nous lui demandions pardon pour nous l’accorder.

Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu ; il a été mis à mort quant à la chair, et rendu vivant quant à l’Esprit.                                                                                                                 1 Pierre 3:18 

 

 Le cœur de ce chrétien est comme un sépulcre : plein d’ossements et d’impureté ou de pourriture : amertume, ressentiment : le ressentiment consiste à toujours se souvenir avec rancune des torts qu'on nous a fait subir. La rancœur envahit et endurcit son cœur.  Exemple de Nabal : Mais le matin, l’ivresse de Nabal s’étant dissipée, sa femme lui raconta ce qui s’était passé. Le cœur de Nabal reçut un coup mortel, et devint comme une pierre. Environ dix jours après, l’Eternel frappa Nabal, et il mourut

                                                                                                              1 Samuel 25:37 et 38

 

 Malheur à vous, scribes et  pharisiens hypocrites ! Parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, alors qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance. Pharisien aveugle ! Nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et le plat, afin que l'extérieur aussi devienne  net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de mort et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au dehors, vous paraissez juste aux hommes, mais, au dedans, vous êtes plein d'hypocrisie et d'iniquité.

                                                                                                              Matthieu 23 : 25 à 28

 

Ils ont un cœur endurci. Jésus regarde dans les cœurs, et voici ce qu’il a vu dans le cœur de ces pharisiens, c’est vraiment pour nous aujourd’hui quand nous nous considérons sans besoin de pardonner ou tenons les propos sus énoncés.

 

 Certes nous  essayons de nous rassurer en nous disant : Les pharisiens c’est une histoire qui date de 2000 ans ! Non il s’agit d’un esprit qui existe toujours. Certains comportements nous permettent de le discerner : l’orgueil, le mépris des autres, l’esprit religieux etc.

 

Qu'est-ce qu'un cœur endurci ?

 

C'est un cœur où l'amour de Dieu, le pardon ne coule pas ou ne coule plus. Le cœur est devenu un sépulcre comme le sépulcre de Lazare. Il sent mauvais « Seigneur il y a quatre jours  qu'il est là » ou quatre ans et même quarante. Quelle odeur dégage l'amertume, le non pardon, la haine enfouie dans un cœur depuis des semaines, des années ?

Jésus dit : Otez la pierre !  Il ne l’a pas enlevée la pierre, même pour son ami Lazare. Il a donné cet ordre aux personnes présentes, c'est-à-dire à celles qui ont mis Lazare au tombeau. Avons-nous mis quelqu’un au tombeau ? Si oui, nous sommes responsables d’enlever la pierre, en accordant le pardon par exemple.  

Qui y a-t-il à l’intérieur  de ton cœur? C’est la question que Jésus pose à chacun d’entre nous.

 Les blessures, les non pardon, enfermé dans les tombeaux de nos cœurs qui pourrissent à l'intérieur. Posons-nous la question :

 Qui y a-t-il dans mon cœur qui a besoin d'être enlevé, et qui y est enfermé comme dans une tombe ?

 Les souvenirs de nos blessures qui sont toujours là, le non pardon, l'amertume etc. À chaque fois que nous nous souvenons de ces choses-là, c'est une visite que nous effectuons au tombeau. Nous connaissons ce qui pourrit dans la tombe de nos cœurs. Peut-être que nous y avons élevé un monument funéraire ! Sur lequel nous avons gravé : A la mémoire de telle blessure…

 

Jésus dit : ôtez la pierre ! Il n'a pas enlevé la pierre qui fermait le tombeau de son ami Lazare. Il a commandé aux personnes présentes : ôtez la pierre ! C'est ce qu'il dit, aujourd’hui, à  chacun d'entre nous qui sommes dans cette situation. Enlevons la pierre qui bloque la porte de nos cœurs. Ne laissons pas les religieux ou le diable mettre des scellés sur la pierre comme sur le tombeau de jésus, par les soldats romains.

Franchissez, franchissez les portes ! Préparez un chemin pour le peuple ! Frayez, frayez la route, ôtez les pierres ! Elevez une bannière vers les peuples !

                                                                                                                                 Esaïe 57:14 

 

L e pardon fraye un chemin en faveur du royaume, comme toute obéissance. Le manque de pardon se manifeste comme des pierres qui bloquent le chemin de la bénédiction, la vie. Il amène l’asphyxie et la mort.

C’est pourquoi, ceignez les reins de votre entendement, soyez sobres, et ayez une entière espérance dans la grâce qui vous sera apportée, lorsque Jésus–Christ apparaîtra.                                                                                                        1Pierre 1 : 13

Les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain.                                       1 Timothée 6 : 5

 

 Ce (ou cette) chrétien nous le reconnaîtrons au ton de sa voix ou de son langage et l’attitude de son corps qui vont contredire ses paroles. Il ou elle dira « je te pardonne » tout en ayant l’air de dire «   pourtant c’est bien toi le ou la coupable » ou c’est de ta faute si j’ai agi ainsi. Derrière ces propos nous retrouvons la domination, la manipulation et une forme de vengeance qui donne satisfaction à son égo. Cette personne savoure l’abaissement de l’autre ou du conjoint. Elle exercera même le harcèlement. Elle a une idole dans sa vie : son « moi »

 

À cause du non pardon certain chrétien vive dans un fossé qu'il creuse à chaque choix de vie… Ce sont plutôt des choix de mort. Il est impossible d’être baptisé dans le jus de citron, plein d’amertume, de ressentiment et de penser faire plaisir à Dieu.

 

 

Dans un couple, le pardon est aussi essentiel que la vitre pour une fenêtre. La fonction de la vitre est de laisser entrer la lumière, mais aussi d’arrêter le vent et la pluie. Bien qu’étant un matériau extrêmement résistant qui peut supporter les vents les plus violents. Le verre peut aussi être mis en pièces par un seul coup de marteau. Il en est  de même pour un couple qui semble solide et qui peut éclater en morceaux, comme la vitre, par le manque de véritable pardon.

 Le manque de pardon est comme la poussière qui se dépose sur la vitre et qui finit par empêcher la lumière  de rentrer. Sans le pardon la confiance et la transparence disparaissent. Quand la vitre d’une fenêtre est brisée, le vent, la pluie peuvent rentrer. Il en est de même dans un couple, le manque de pardon tue l’amour et ouvre des portes d’entrée  aux démons qui s’en réjouissent.

 

L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne s’enfle point d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s’irrite point, il ne soupçonne point le mal, il ne se  réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité.

                                                                                                             1 Corinthiens 13 : 4 à 6

 

Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. Ou du plus profond de son cœur.

                                                                                                              Matthieu 18 : 34 et 35

Dans cette situation la bénédiction cesse de couler. Quatre portes sont à surveiller :

-La colère elle peut-être exprimée et causer de grands dégâts. Elle peut-être niée ou refoulée, dan ce cas elle est aussi dévastatrice.

-Rendre la pareille, cela s’appelle la vengeance ou se faire justice. Quand lasouffrance et la colère qui l'accompagne demeurent, la réaction est instinctive ainsi que  le désir de rendre la pareille: coup pour coup, insulte pourinsulte, refus pour refus. On veut que l'autre souffre aussi. Il faut qu'on soit à  égalité.

En Grèce,  il existe des villages dans la province l'extrémité sud du Péloponnèse, en ruines témoignaient qu'il y avait autrefois une population assez nombreuse. Ce qui intrigue, ce sont les vestiges de tours d'une hauteur impressionnante qui faisaient partie des maisons. L’histoire nous rapporte  que ces tours provenaient de querelles entre les familles d'un même village. La famille qui se sentait lésée rehaussait sa maison afin de pouvoir lancer des pierres ou de l'huile bouillante sur leurs ennemis. Les voisins agissaient de même par représailles.

Ces rivalités amenèrent finalement la chute de tout le village.

 C'est également ce qui se passe dans un couple quand les conjoints s'entêtent à se faire justice et à se venger: aucun mariage ne peut survivre dans ces conditions.

-Céder à la peur, par crainte d’être à nouveau blessé, on se replie sur soi-même. La transparence cesse et toute communication est  interrompue.

Comme l'écrit C. S. Lewis:

Aimer, c'est se rendre vulnérable. Donnez un peu d'amour, et votre cœur est certainement froissé, peut-être brisé. Si vous tenez à le garder intact, ne ledonnez à personne, pas même à un animal. Enveloppez-le soigneusement de distractions et de petits plaisirs; évitez tout attachement; enfermez-le dans lecoffre-fort ou le cercueil de votre égoïsme. En ce lieu sûr, sombre, dépourvu  de mouvement et d'air, votre cœur changera. Il ne sera pas brisé; il deviendra incassable, impénétrable, irréparable.

 

-Se sentir coupable, alors que le tort n’est jamais à sens unique. On donne et on reçoit.
La culpabilité qui est en nous peut être très destructrice quand nous ne
reconnaissons pas la part de responsabilité que nous avons dans la souffrance de notre conjoint. Nous nous faisons des illusions sur nous-mêmes quand nous refusons d'admettre notre responsabilité, ce qui conduit rapidement à la séparation affective.

Les quatre conséquences que nous venons de voir: la colère, la vengeance, les représailles, et culpabilité, peuvent se cacher en profondeur. On peut comparer le risque encouru par un couple à la suite de blessures non soignées aux risques qui existent dans les anciennes zones de combat pendant une guerre : dans la région de Verdun par exemple,  avec les mines, les obus, les grenades qui son restées bien cachées dans la terre. Mais quand nous les heurtons elles risquent de mutiler et même de causer la mort. Aujourd’hui, un siècle après la guerre, la région de Verdun garde les stigmates de la bataille avec un terrain «  en dune » profondément marqué.

 

Dans un couple, même s’il peut paraître bien aller surface  il se peut que l'un des conjoints ou les deux doivent d'être très prudents de peur de provoquer une explosion si les blessures ne sont pas soignées et le pardon accordé. Il se peut que les émotions de l’un ou de l’autre des deux soient minées et aussi fragiles que les terrains de la région de Verdun.

Certains vivent avec des émotions hypertrophiées. A trente, quarante ou cinquante ans, ces personnes demandent à leur conjoint les mêmes attentions qu’un enfant de dix ou douze ans. Jésus guérit les émotions… à condition que nous le lui demandions.

Les conséquences de cette situation sur le couple, au fil des années, la confiance et la transparence s’amenuisent en raison d’un cumul de griefs, à tel point que l'intimité puisse  disparaître.

Dans la nature il a des volcans qui sont en sommeil depuis des mois et des années et qui se réveillent en provocant beaucoup de dégâts, à des moments tout à fait inattendu. Il en est de même pour les émotions non guéries ou qui n’ont pas été amenées à la lumière de Christ. Ce conjoint va essayer d’attirer l’attention sur lui ou sur elle d’une manière intempestive, autoritaire, sans se préoccuper de la disponibilité ou de la non disponibilité de son conjoint.

Dans ce cas, les symptômes sont généralement les suivants: manque de communications, critiques, éclats de colère, ressentiment, désir de vengeance etc.

La soif affective, non comblée quand on est enfant, fait de nous de perpétuel mendiant à la recherche de quelqu’un qui accepte de combler notre vide. Nous devenons des personnes dévoreuses, mendiantes en perpétuelle attente, dans la plainte et le gémissement. Cette attitude devient une pratique idolâtre dont nous avons à nous repentir.  Aucun conjoint n’a la capacité de répondre à cette attente, seul Jésus a cette capacité… après la repentance. A suivre


 

Publié dans Le mariage

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