C’était mieux avant ! Vraiment ?

Publié le par Fils d'Abraham en Jésus mon sauveur

 

Lorsque certaines choses nous contrarient, il est tentant d’idéaliser le passé et de se dire «c’était mieux avant !». Mais est-on réellement objectif ?

Je n’ai pas l’ambition d’apporter ici une réponse exhaustive, mais simplement de proposer quelques points de comparaison, qui pourront servir à la réflexion.

Eglise apostolique, Eglise idéale ?

Les chrétiens se plaignent souvent de l’Eglise actuelle, de ses dysfonctionnements. Pour résoudre ces problèmes, on s’imagine souvent qu’il faut retourner au modèle de «l’Eglise primitive». Le problème, c’est que cette Eglise primitive telle qu’elle est imaginée, est surtout imaginaire.

Comme l’avait déjà souligné une chronique précédente, si l’Eglise primitive était si idéale, une bonne partie du Nouveau Testament n’existerait tout simplement pas, puisque la plupart des Epîtres ont justement été écrites pour répondre à des dérives. Au contraire donc, sans rien cacher, les Ecritures nous dévoilent tous les problèmes de cette Eglise, certains étant universels: débauche, querelles, divisions, et d’autres plus spécifiques à  l’époque ancienne, comme la contrefaçon des documents apostoliques (2 Thessaloniciens 3 :17 et Apocalypse 22 :18-19).

La Bible

Parlons justement de la Bible. Vous savez  lire et vous possédez la somme extraordinaire d’1,50 Euros ? Félicitations, vous avez tout le nécessaire pour découvrir la Bible par vous-mêmes. Cette facilité d’accès à la Bible est devenue tellement habituelle (pour nous chrétiens occidentaux), que nous oublions qu’à l’échelle de l’histoire mondiale (et même européenne), c’est un privilège tout à fait exceptionnel.

L’alphabétisation des masses est très récente. Il est intéressant de se rappeler que ce «sacré Charlemagne», qui «inventa l’école», n’a jamais su écrire. Et il a fallu attendre l’invention de l’imprimerie pour que le livre ne soit plus un objet de luxe mais un bien accessible à tous, puis les lois scolaires de la 3ème République (fin du 19 ème siècle) pour permettre la scolarisation de tous les enfants.

Le niveau de vie

Profitons de cela pour faire une brève remarque sur le niveau de vie. Réfléchit-on souvent  au fait que de nos jours, un «smicard» français a une meilleure espérance de vie qu’un roi de France au Moyen Age ? Les Capétiens par exemple,  qui ont régné de 987 à 1328, ont vécu en moyenne 44 ans et demi, tandis que les Valois, qui ont régné de 1328 à 1589, ont vécu en moyenne un peu moins de 44 ans (43,7). Aucun de ces rois n’a vécu plus de 60 ans. Par comparaison rappelons qu’aujourd’hui, l’espérance de vie moyenne pour les hommes en France est de 78, 1.

Les mœurs et la violence

Les journaux d’informations nous rapportent continuellement des faits de violences. Cette surmédiatisation pourrait nous faire croire que les choses s’aggravent. Il n’en n’est rien. Le simple fait que cela nous choque, montre que ces faits sont exceptionnels. Il n’y a encore pas si longtemps de tels actes de violences étaient tout à fait banals. Jacques Rossiaud, dans une étude sur la ville de Dijon à la fin du Moyen Age, a par exemple montré qu’au moins 1 jeune sur 2 avait participé à un viol collectif (1).

Le racisme et l’antisémitisme

Si  le racisme et l’antisémitisme n’ont pas disparu,  ils ne sont plus des valeurs acceptables. Ils sont d’une manière générale reprouvés par la société à tel point qu’aujourd’hui, même ceux qui sont réellement racistes ou antisémites le nieront. Ils trouveront d’autres termes ou expressions plus cachés. Au début du siècle, les choses étaient bien différentes. Pour faire sa publicité, le journal La Croix (2) se vantait d’être le journal le plus anti-juif.

Tout est bien ?

Evidemment aujourd’hui, tout n’est pas idéal. Il est certain qu’il existe encore de nombreux problèmes, aussi bien dans le monde que dans l’Eglise. Seulement pourquoi toujours se focaliser sur ce qui ne va pas ? Ne peut-on pas aussi voir ce qui va mieux, ce qui s’améliore ?

A voir toujours le mal, ne risque-t-on pas de se décourager ? Or le découragement empêche l’action. Un chrétien qui pense que tout va mal et que tout ira encore plus mal, est bien souvent un chrétien qui ne fera plus rien. A quoi bon agir dans notre société si tout va toujours plus mal ? Mais en ne faisant rien, ne nous rendons-nous pas complice de ce mal ?

David Vincent

Notes

(1) Cité par J.-L Flandrin, Le sexe et l’Occident, Le Seuil, Point Histoire, 1981

(2) P. Sorlin « La Croix » et les Juifs (1880-1899). Contribution à l’histoire de l’antisémitisme contemporain, Paris, Grasset, 1967

 

 

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