Ai-je une mentalité d'orphelin ?

Publié le par louis trifault

                 

 

 L'orphelin nous fait penser à l'enfant qui est privé d'un père ou d’une mère.

En hébreu, orphelin vient d'une racine du sens d'être seul, sans père. Cette définition ne s'applique pas spécialement à un enfant, mais à tout adulte qui vit en orphelin, tout en étant membre d'une assemblée, ou même s'il est père de famille ou mère de famille.

Jésus a dit à ses disciples, avant de retourner vers le Père : Jean 14 -- 18 : je ne vous laisserai pas orphelin, je viendrai à vous. Par ces paroles, Jésus annonce la venue du Saint Esprit, pour que nous ne soyons pas seuls : c'est-à-dire isolés ou sans aide.

Et pourtant des chrétiens vivent avec un esprit et une mentalité d'orphelin. Ils se sentent isolés, ils ont des difficultés à s'implanter. De ce fait ils ont peu de racine. Cette situation, ou attitude les fragilise, et les rend prêt à recevoir l'offense et ses fruits : pitié de soi, amertume, haine, le désir de propre justice, de vengeance etc. Ils recherchent constamment à satisfaire leurs émotions le « moi » nous  savons que le « moi » est insatiable. Jamais personne n'a pu satisfaire, combler les désirs de la chair.

Le premier exemple d'une personne, dans la Bible, animée par un esprit et une mentalité d'orphelin c'est Caïn, le premier enfant d'Adam et d’Eve.

Tous nous savons que ses offrandes n'étaient pas agréables à Dieu. Et il a tué son frère Abel à cause de cela. La jalousie l’animait. Il vivait en isolé comme une personne qui se croyait abandonnée de tous, même de Dieu. Il était toujours prêt à accuser Dieu pour ses malheurs, suspectant les autres de vouloir le tuer. Il vivait comme un vagabond, errant sur la terre.

Genèse 4 --1 : Adam connut Ève, sa femme, elle  conçut et enfanta Caïn, et elle dit : de par l'Eternel j'ai acquis un homme.

La Bible le semeur dit : avec l'aide de l'Eternel j'ai formé un homme.

La Bible en français courant dit : j'ai créé un homme grâce à l'Eternel. « J'ai acquis un homme » : acquérir signifie devenir possesseur par le travail, obtenir, gagner.

Par ces paroles Ève semble rejeter l'intervention du Père (Adam) lors de la conception de cet enfant. Elle dit qu'elle a conçu avec Dieu. C'est son œuvre avec Dieu. « J'ai formé un homme » elle ne dit pas j'ai donné la vie à un bébé, mais j'ai formé un homme.

 Où est Adam dans cette situation ? Où est le Père ?

Ces paroles nous révèlent en quel état d'esprit, envers le Père, Caïn est né et a grandi.

« J'ai formé un homme » ces paroles nous disent  que Caïn n'a pas eu de père pour modèle.  De plus le père était rejeté. Ses paroles sortent de la bouche d'Ève comme des paroles de rébellion, en réaction aux paroles de Dieu, adressé  à Ève après la chute : Genèse 3 -- 16 « tes désirs se porteront vers mon mari, mais il dominera sur toi »

Dans ces conditions est-il étonnant que Caïn se soit comporté comme un orphelin. Lui, Caïn, a reporté cette rébellion et ce rejet du Père, contre Dieu, l'image parfaite du Père. Donc obéir à Dieu lui était désagréable, voire insupportable. Dieu lui rappelait trop son propre père, aussi a t’il cherché à le tromper constamment, à combler son « moi ». De même il ne pouvait supporter son frère Abel, qui lui, était agréable à Dieu, c'est-à-dire au Père. De ce fait il était toujours insatisfait, errant de lieu en lieu, méfiant, craignant que les autres cherchent à le tuer. En vivant comme un handicapé, il cultivait un terrain favorable pour recevoir l'offense. La persécution est rentrée dans sa vie. Là nous pouvons dire ou parler de complexe de persécution.

Ce que Caïn craignait le plus c'était d'être rejeté par Dieu. Il cherchait à gagner l'approbation de Dieu en offrant les produits du sol, à sa manière, quand il le voulait. Mais en tuant son frère, le sang a coulé, il a amené la malédiction sur sa vie et sur la terre qui lui donnait ses fruits. Il en a détruit la source lui-même, la source de ses revenus et de ses offrandes. La terre dont il a détruit la capacité de produire, représente l’état de la terre de son cœur.

Genèse 4 -- 10 à 12 : Et Dieu dit :

Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi.

Maintenant tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras vagabond sur la terre.

Caïn dit à l'Eternel mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici tu me chasse aujourd'hui de cette terre. Je serai caché loin de ta face. Je serai errant et vagabond sur la terre. Et quiconque ne trouvera me tuera.

L'éternel lui dit : Si quelqu'un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois. Et l'Eternel mis sur Caïn un signe pour quiconque le trouvera  ne le tue point.

Tout cela n'est pas intervenu par  hasard dans la vie de  Caïn. Dieu l'avait prévenu, comme un père normalement constitué le fait avec ses enfants : « le péché est tapi à ta porte. Mais toi domine sur lui » cela signifie domine sur l'esprit et la mentalité d'orphelin. En recevant l'offense, Caïn a brisé sa propre capacité à produire du fruit. Il a brisé sa source de production. Il l’a polluée, et rendue aride. Jésus compare le cœur au sol dans la parabole du semeur. Par le sang, de son frère qui crie justice, versé sur la terre, elle est devenue maudite, à l’image de son âme et de son cœur.  Son  âme est devenue aride, son cœur également. Le sol du cœur d'une personne offensée devient aride, empoisonné par l'amertume. Elle devient inapte à produire les fruits de l’Esprit dans sa vie. Son caractère ne va pas s’assouplir, au contraire, elle va se durcir et ses relations vont devenir de plus en plus difficiles. EIle va finir par s’isoler jusqu’au jour où elle acceptera de reconnaître ses erreurs, son péché, et prendra le chemin de la repentance et du pardon. Mais pendant tout ce temps cette personne va souffrir et faire souffrir son entourage.

Le sol d'un chrétien orphelin est empoisonné par l'amertume. Il pourra toujours vivre des miracles, recevoir des paroles de connaissance, entendre des prédications puissantes, recevoir des guérisons dans sa vie. Mais il s'agit là de don de l'Esprit, et non de fruit. Nous serons jugés en fonction de fruit, et non de nos  dons. Un don est donné. Le fruit est cultivé. Le fruit sera de même nature que le terrain qui le produit. Un caractère doux va produire comme fruit, la douceur. C’est une des facettes du fruit de l’Esprit, selon Galates 5- 22. Un caractère colérique, va produire comme fruit, la colère. C’est un fruit des œuvres de la chair, selon Galates 5-18 et 19.

Jésus nous dit que nous reconnaissons l'arbre à ses fruits. Nous pouvons dire que nous reconnaissons la nature du terrain de nos cœurs à la nature du fruit produit : bon ou mauvais.

Un chrétien orphelin recherche sa propre satisfaction, la réussite de Son ministère. Il est prêt à écarter, même à éliminer toute personne susceptible de lui faire de l'ombrage. Avec un tel comportement il lui est difficile de voir les domaines de sa vie qui ont besoin d'être transformés. Il s'isole de telle manière qu'il provoque les coups qu’il  reçoit. Un orphelin ne supporte pas la concurrence. Son objectif  sera de se donner à son but, afin de se faire un nom, et de briller comme un Sauveur et un homme ou une femme que l'on admire. Il veille à ce que l'on voit ce qu'il fait. Il cherche à être le plus près possible du pouvoir. Il ne se reconnaît jamais coupable, mais il se voit toujours victime. Il désire que les autres l’approuvent et il accuse les membres de son entourage d’être la cause de ses malheurs, de ses échecs

Bien sûr c'est un chrétien charnel. La conduite par le Saint Esprit ne le souci pas, ou seulement, quand il peut en tirer profit. Il ne connaît pas ou ne reconnaît pas son identité en Christ. Il ne connaît pas la grâce de Dieu ou peu. La vie religieuse le satisfait. Il accomplit des rites et des œuvres qu’il juge bonne. Il y trouve sa satisfaction.

 Le chrétien vivant avec l'esprit et la mentalité d'orphelin ne connaît pas l'amour de Dieu dans sa vie. Il n'a pas l'amour agapè dans son cœur. Son amour le porte à rechercher ses propres satisfactions. Le véritable amour n'est pas envieux, c'est-à-dire qu'il ne recherche pas à se faire valoir. Il n'est pas jaloux ou ne développent pas de passion jalouse. Dans le véritable amour il n'y a pas de jalousie. Il ne connaît pas la jalousie.

Envieux signifie : bouillir d’envie, soit de haine, de colère. La jalousie c'est une façon de trahir l'amour et c'est une façon de pervertir l'amour. La jalousie rend possessif.

Elle peut se manifester dans l'amitié avec une personne. La jalousie porte à l'exclusivité. Voici un exemple : Pierrette a gagné l'amitié de Suzanne.  Un jour Pierrette apprend que Suzanne s’est liée d'amitié avec Brigitte. Maintenant quand Suzanne passe du temps avec Brigitte, sans elle, dans son cœur bouille l’envie. La jalousie pousse à la possession de l'autre. Alors que l'amour est plein de bonté.

Examinons nos cœurs et reconnaissons que souvent il y a de la jalousie. Ayons cette grande honnêteté de reconnaître  la jalousie qui nous motive. Le jaloux accuse les autres d'être jaloux de lui. Cette attitude lui cache sa propre jalousie qui peut-être matérielle, spirituelle, où se porter sur la réussite des autres.  (A SUIVRE)

Commenter cet article