Tout le monde doit le savoir

Publié le par louis trifault

Tout le monde doit le savoir

 

Extrait du témoignage du pasteur Marc Lebrun

 

 

A plusieurs reprises, j’avais eu l’occasion depuis ce fameux 5 Décembre, jour où Annemarie était née de nouveau, de rencontrer des chrétiens de la communauté. Puisque dans ma générosité j’avais donné la liberté de religion à Annemarie, il fallait bien que je lui donne aussi les moyens de pratiquer.

 

Comme nous vivions à ce moment là dans une ferme abandonnée à plus de trente kilomètres du centre chrétien et qu’Annemarie ne conduisait pas il fallait bien que je lui serve de taxi. Je l’emmenais donc avec les enfants aux réunions et revenais la chercher quelques heures plus tard. Pendant ce temps j’allais chez des amis, boire un café ou fumer un joint.

 

Souvent j’avais l’occasion de rencontrer des chrétiens. Tous essayaient de me convertir bien sûr. Des conversations, souvent très houleuses s’engageaient et moi j’étais fier de leur montrer toute ma science des religions et de la sagesse car j’en avais lu des bouquins.

 

Il faut dire que j’avais étudié des livres traitant de ces sujets. Que j’avais eu quelques expériences avec la drogue et la méditation tout en refusant toujours de me joindre ou d’aller dans des centres où ces choses étaient pratiquées. Bien souvent à eux qui prônaient l’amour je leur démontrais combien ils manquaient d’amour et ne connaissaient pas ce que le véritable amour était. Enfoui dans mes hallucinations mêlées avec des religions Hindoues et Asiatiques en tous genres je pensais connaître le véritable amour.

Nos croyances à l’époque étaient un véritable mélange, précurseur du nouvel âge sans doute, de toutes sortes de pratiques et de sagesses provenant de différents livres que nous glanions ça et là dans les marchés aux puces d’Amsterdam et de Leiden.

 

Bien souvent moi qui prônais l’amour, j’étais devenu, au contact de ces chrétiens, méchant, hargneux voire colérique. Ils m’irritaient au plus haut point avec leur « Jésus t’aime ». Je n’aimais pas cela du tout car j’essayais la sagesse. N’avais-je pas dans un élan de générosité donné la liberté de religion à Annemarie ? Quel orgueil !

 

Parfois je regardais dans un des livres qu’Annemarie avait ramené de l’église. C’est ainsi que je me suis mis à lire un vieux livre scientifique qui prouvait par toutes sortes de raisons que ce que la Bible disait était vrai.

 

Petit à petit la vérité, à petites doses commençait à percer dans mon cœur. Ma forteresse d’orgueil et de résistance se fortifiait tour à tour ou s’effritait.

 

Premier cri.

Un jour, dans ma détresse, mais aussi ma colère je criais à Dieu. Comme si Dieu avait des comptes à me rendre ou des dettes envers moi. L’absence de réponse, me mit encore plus en colère. En fait son silence me repoussait. Il est clair que je ne pouvais m’approcher de Dieu dans l’état où j’étais. Car je refusais toujours que Jésus était le seul chemin pour venir à Dieu. Ma forteresse s’endurcissait encore davantage. Cependant, je ne savais pas qu’elle s’affaiblissait aussi petit à petit.

 

Le Poster

Un jour en rentrant à la maison je vis que mon poster de divinité indienne n’était plus accroché au mur sur la cheminée. Je tenais beaucoup à ce poster. Je me mis en colère sur Annemarie. J’étais furieux qu’elle ait osé toucher à mon poster. Je lui demandais où il était, pensant qu’elle l’avait détruit ou jeté à la poubelle. Elle me répondit calmement qu’elle l’avait mis dans mon carton à dessin et que comme elle avait participé à sa mise en place au centre de la maison elle voulait maintenant se distancer d’une telle idolâtrie. Elle me dit encore « si tu le veux tu peux le remettre, mais cela sera uniquement sous ta responsabilité. » Quelle sagesse ! Je ne pus jamais le remettre au mur. Y croyais-je vraiment ? Ma forteresse s’effritait encore un peu plus.

 

Jésus est vivant .

Un soir j’acceptais de participer à un repas communautaire avant un service. Une bonne quarantaine de personnes étaient à table venant de différentes parties de la Hollande. Avant de manger ils se mirent tous à chanter. Je remarquais une jeune femme assise devant moi avec sa fille. Elle chantait avec le cœur et en néerlandais bien sûr : « Tout le monde doit le savoir : Jésus est vivant » « Il faut que je dise à tout le monde que Jésus est vivant » Pendant que le chant fut répété plusieurs fois, son expression fit sur moi une forte impression. Je vis qu’elle vivait vraiment ce qu’elle chantait. Ma forteresse s’effritait plus encore. Cependant je n’ai pas assisté au service en question et je me suis réfugié dans une chambre pour y attendre la fin de cette réunion qui dura une bonne partie de la nuit.

 

Je vivais comme cela toutes sortes de bonnes et de mauvaises expériences. Toutes servirent à briser ma résistance et mon opiniâtreté.

 

Le cœur dur.

Un peu plus tard, un samedi, la veille d’un jour de baptême, je demandais à Annemarie d’attendre pour se faire baptiser. Elle accepta à regret car ce fut un temps d’épreuve pour elle. Le baptême ne doit pas attendre. Le plus vite sera le mieux pour obéir au Seigneur.

 

Ce même jour quelques femmes de la communauté prirent Annemarie à part pour lui dire que j’étais vraiment très dur, qu’il ne fallait pas rêver, que c’était bien d’avoir la foi mais que Marc était tellement dur qu’il fallait peut-être se préparer à de longues années d’attente et de souffrances.

 

La Tempête

Le lendemain, je n’emmenais pas Annemarie à l’église car ma belle-mère vint nous visiter et passer la journée avec nous. En fin d’après-midi, je la reconduisis à la gare pour qu’elle puisse prendre le train pour rentrer chez elle. C’était la fin du mois de janvier, pour être exact : le 30. Il ne gelait  pas mais le froid était vif sur la digue pour rentrer à la maison. En fait on ne pouvait pas aller en voiture car le chemin était devenu impraticable et on ne pouvait rouler sur la digue de terre et d’herbe que lorsqu’il gelait fort de peur de détruire celle-ci avec les roues des véhicules.

 

La tempête faisait rage autour de moi. La mer avait déjà envahi les polders et se jetait contre la digue. La pluie glacée coupait mon visage et j’avais vraiment besoin de me protéger de cet assaut des éléments.

 

Dans mon cœur une autre tempête faisait rage. De nombreuses questions tournoyaient. Qui était vraiment ce Jésus ? Annemarie avait-elle raison ? Et les autres, on voyait bien que certains d’entres eux n’étaient pas vrais. Alors que d’autres rayonnaient d’amour. Fallait-il les croire ?

 

Et Annemarie était tellement convaincue ! Elle avait aussi tellement changé. Dans le salon je fumais mes joints avec mes amis en écoutant de la musique diabolique. Dans la cuisine elle chantait à la gloire de Dieu tout en préparant le repas.

 

Pourtant je croyais en Dieu. Souvent le soir, par des temps découverts, je regardais la voûte étoilée avec admiration. Sachant bien que là-haut il y avait quelqu’un. Parfois je tombais d’admiration devant une fleur et me mettais à pleurer devant tant de beauté. Mais Jésus ! Qui était-il vraiment ? Etait-il vraiment le fils de Dieu ? Etait-il réellement ressuscité ? Voulait-il vraiment s’occuper de moi ? M’aimait-il seulement, comme le disaient les chrétiens autour de moi ? Avait-il même de l’intérêt pour moi ? Etait-il vraiment le seul chemin pour aller vers Dieu ?

 

A mon avis il était mort. Son effigie mortuaire n’était-elle à tous les coins de rue et sur les murs des maisons de mon pays. N’était-il pas représenté par le corps d’un mort cloué sur une croix ? On me disait qu’Il était vivant. Comment était-ce possible ?  Quelque chose m’attirait, mais quelque chose aussi de très fort en moi me repoussait.

 

Deuxième cri

J’étais complètement trempé et glacé en luttant avec les éléments qui s’acharnaient autour de moi. La nuit commençait déjà à tomber alors que je me dirigeai vers la maison sur le bord de la digue, lorsque tout-à-coup, un cri sortit de ma bouche. Oui, un cri, un cri qui venait du fond de moi, un cri pas comme les autres car il venait de mon être le plus profond. Ce cri se transforma en hurlement. Et au milieu de cette tempête de vent et de pluie ma voix se mêla aux tourbillons et sortit de ma bouche comme l’expression de tout mon combat intérieur.

 

Jééésuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus qui es-tu ?

 

La bible dit dans l’épître de Paul aux Romains Chapitre 10 verset 13: « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ».

 

Immédiatement ! j’ai dit immédiatement, instantanément le Seigneur se manifesta en moi. Cela vint d’en haut et descendit dans mon cœur. Et là dans la tempête et le froid avec la mer du Nord qui frappait la digue, la paix de Dieu descendit dans mon cœur. Et je sus que Jésus était le Christ, le fils du Dieu vivant. Je sus qu’il était vivant, je sus qu’Il m’aimait, je sus que tout était vrai. Qu’Il était mort pour mes péchés et j’ai cru en Lui.

 

La bible dit dans le même chapitre de l’épître aux Romains mais au verset 11 :  « Quiconque croit en Lui ne sera pas confus ». Depuis lors je n’ai jamais douté une seconde et Il a toujours été un appui et une source d’amour et de provision.

 

Lorsque enfin j’arrivais à la maison. Annemarie vint à ma rencontre dans l’arrière cuisine vers la porte par laquelle j’étais entré. Elle me regarda d’un air étonné. Puis elle me dit : « mais que t’est-il arrivé ? ». Puis regardant mon visage elle découvrit que ce n’était pas la pluie car j’étais bien évidemment tout trempé. Mais elle vit que j’étais inondé de l’amour du Seigneur. Elle courut dans mes bras en louant le Seigneur de ce qu’Il m’avait sauvé.

 

Une vie nouvelle commença pour elle et moi. La drogue disparut immédiatement de ma vie. Et depuis nous n’avons cessé de servir Celui qui nous a sauvé à un si grand prix.

 

(Extrait du livre de témoignage de Marc Lebrun qui sera bientôt édité aux éditions 3XM)

 

 

 

Publié dans Témoignages

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